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125 years of Église Saint-Pierre, Chéticamp

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Paroisse Saint-Pierre in 2018 is celebrating the 125th anniversary of its church.

All are invited to:

Celebration of the Life of Fr Pierre Fiset
on National Acadian Day
Aug. 15, 7 pm
Église Saint-Pierre, Chéticamp
All are invited to this very special evening.

Listen to 125 years of Eglise Saint-Pierre on CBC Information Morning

 

 

On March 25, 2018, Église Saint-Pierre hosted the Mass of Chrism.

ChrismMass2018

 

On July 8, 2018, paroisse Saint-Pierre hosted Cardinal Gérald Lacroix, Archbishop of Quebec and Primate of Canada.

 

 CardinalLacroixStandard

Homélie de

Monsieur le cardinal

Gérald Cyprien Lacroix

Archevêque de Québec

Primat du Canada

14e Dimanche du Temps Ordinaire « B »

125e anniversaire de l’église de Chéticamp

Église Saint-Pierre, Chéticamp, Nouvelle Écosse, 8 juillet 2018

« Le regard fixé sur le Christ, avançons ! »

Chers frères et sœurs,

La liturgie de l’Église nous propose de magnifiques récits en ce jour de fête que nous avons le bonheur de célébrer ensemble. D’abord le texte de l’évangile. Jésus revient chez-lui, à Nazareth, le village où il a grandi et où il a vécu presque toute sa vie. Dès sa petite enfance, il y a appris les rudiments de la vie de son pays avec ses parents et ses copains de rue. Puis son papa Joseph a partagé avec lui les connaissances du métier de charpentier. Vers l’âge de trente ans, il va quitter ce cocon familier et prendre le large pour entreprendre une mission à laquelle il se sent aspiré. Il parcourt villes et villages pour enseigner, guérir, accueillir, consoler et montrer le chemin d’un bonheur vrai et durable. Il est engagé corps et âme dans la réalisation d’une oeuvre qui changera le cours de l’histoire humaine.

On aurait pensé que ses concitoyens se seraient réjouis de voir rentrer au bercail un des leurs, dont la renommée s’était déjà répandue dans toute la contrée. Ils avaient entendu dire qu’il faisait le bien partout où il passait, qu’il s’était mérité des éloges pour la grande sagesse qui émanait de ses enseignements et même, qu’il accomplissait des miracles qui émerveillaient les foules. Mais non, ce n’était pas assez pour eux et au lieu d’en tirer de la fierté, le récit nous dit qu’ « Ils étaient profondément choqués à son sujet. »

On invite quand même Jésus à la synagogue, mais on devine un peu ce que va provoquer la jalousie, l’envie et une forte dose d’intolérance chez des hommes aussi étroits d’esprit. Et ce qui devait arriver va se produire. Dès qu’il ouvre la bouche, sa voix est étouffée par des cris d’indignation. La synagogue s’anime, on pointe des doigts accusateurs lui indiquant la sortie.

Comment Jésus va-t-il réagir devant ce tumulte qu’il a causé bien malgré lui ? Il reste calme, il n’essaie pas de se justifier ni de ramener à l’ordre les esprits échauffés. Son expérience de la nature humaine lui a déjà enseigné qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre, que la haine durcit le cœur et que l’ignorance engendre l’intolérance. L’histoire sainte de son peuple lui a également appris que nul n’est prophète en son pays. Jésus quitte alors la scène pour aller vers ceux et celles qui le recevront joyeusement comme la réponse à une espérance tant attendue et à des besoins si pressants. Le Seigneur ne peut semer sa Bonne Nouvelle que dans des terreaux prêts à lui permettre de germer sans contraintes, de souhaiter qu’elle irrigue le cœur des pauvres comme une eau vive qui alimente les sillons assoiffés de justice, de paix, et de miséricorde. Jésus propose à toute personne humaine une nouvelle façon de vivre, de penser et d’agir en se donnant comme le modèle à suivre puisqu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie.

Ne soyons quand même pas trop sévères envers les Galiléens de Nazareth, du moins ceux qui ont refusé ce jour-là d’entendre Jésus et son enseignement. Leur attitude pourrait ressembler à nos propres incapacités de l’accueillir dans les Nazareth de nos vies, voire même dans nos communautés, nos villes et nos pays. On sait qu’il y a une grande différence entre le sentiment, voire même la conviction, de connaître quelqu’un et le fait de lui accorder une place significative dans le déroulement d’une vie. Parce que la personne de Jésus et son nom meublent notre univers culturel depuis tellement longtemps, on risque de ne plus tendre l’oreille à son message. Est-ce qu’on accepte qu’Il soit important pour nous, de le choisir comme un modèle que nous admirons au point que nous décidions de lui ressembler de plus en plus ? Est-ce qu’on est prêts à reconnaitre qu’il est non seulement un prophète bien reçu dans le pays de nos existences mais aussi un Maître, un Sauveur et notre Dieu ?

Le pape François nous invite à renouveler constamment la qualité de notre relation avec Jésus parce qu’il s’agit d’une démarche qui n’est jamais définitive. Il y a tant de joie, de réconfort et d’espérance que nous pouvons retirer de sa fréquentation, tant de contentement quand nous réalisons jusqu’à quel point Il peut nous aider ! Dans sa première exhortation apostolique sur la joie de l’Évangile, le Saint-Père écrit : « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse[2]. »Et lui de répondre : « Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. ». (Ibid.10). Quelle humilité de la part de ce héros de l’Évangile, mais surtout quelle foi ! Oui mes amis, prenons conscience de cette grâce que le Seigneur nous offre, à chacune et chacun d’entre nous, car Il nous assure que son amour est plus fort que notre faiblesse. Il nous veut heureux et libres, féconds et saints. En tout temps et en tous lieux, Il nous aime comme ses enfants, même quand nos vies sont un peu barbouillées d’erreurs et de fragilités et qu’on pense que le Seigneur ne peut certainement pas nous reconnaitre.

Au 19e siècle, il y avait de nombreuses mines de charbon en Europe, tout comme ici d’ailleurs dans votre région. On y travaillait dur, au pic et à la pelle. Vous pouvez vous imaginer dans quel état les mineurs remontaient des profondeurs à la fin de leur quart de travail, recouverts de suie et méconnaissables. Même s’il était parfois possible pour certains de prendre une douche et de changer de vêtements avant de retourner à la maison, cela n’était pas offert à tous les travailleurs.

Un jour, un petit garçon de 7 ans décide d’attendre son papa à l’entrée de la mine. Alors que tous les travailleurs émergent, il les observe attentivement. Un des mineurs s’arrête et lui demande ce qu’il fait là. L’enfant lui répond : « J’attends mon papa ». « Mais mon pauvre enfant, tu n’arriveras pas à le reconnaître. Regarde-nous. Nous sommes couverts de suie ». Et l’enfant de lui répondre : « Je le sais. Je ne reconnaîtrai pas mon papa, mais lui va me reconnaître ! ». Il en est ainsi de notre Dieu. Il reconnaît toujours ses enfants, même lorsqu’ils sont couverts de suie, car il nous aime. Saurons-nous lui répondre avec les mots du refrain du Psaume que nous avons entendus : « Vers toi j’ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel. » et le suivre avec la ferveur de saint Pierre lorsqu’il dit à Jésus : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle[4]. » nous dit encore le pape François. Nous sommes en chemin, parfois sur des routes difficiles, mais le Seigneur nous accompagne, comme Il l’a promis. En écoutant sa Parole et en cherchant à la mettre en oeuvre, par l’amour et le témoignage de notre vie, nous témoignerons vraiment que par nous et avec nous, le Règne de Dieu se réalise.

Dans cette paroisse Saint-Pierre de Chéticamp, le projet de Jésus est né, il y a de très nombreuses années, il a grandi et s’est épanoui et c’est depuis 125 ans que dans cette magnifique église que le Peuple de Dieu se rassemble pour rencontrer le Seigneur et nourrir sa foi. Il prend aujourd’hui son élan vers l’avenir. Que l’Esprit Saint vous assiste sans cesse dans vos missions, que Marie, la Reine de votre chère Acadie, vous guide comme une étoile sur les mers de vos vies et que Pierre, votre saint patron, demeure le roc sur lequel vous bâtissez ensemble votre Église. Bon et fructueux anniversaire et merci de m’avoir invité à m’y joindre !

 


[1] Pape François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, No 3.

[3] Jean 6, 68.